Ce salon fut le meilleur de nos six autres salons. Les visiteurs sont venus nombreux ces deux jours, public intéressé et intéressant au grand plaisir des trente exposants. Il faut dire que la disposition du salon était originale, en labyrinthe ; les exposants face au public le rendait plus accueillant. L'ambiance, comme toujours fut chaleureuse, amicale presque fraternelle. Tout a bien fonctionné.
Samedi, à 11h eut lieu l'inauguration : après le discours du président, notre invité d'honneur, Luis del Rio Donoso, poète et éditeur, docteur de l'université de la Sorbonne, homme simple et sensible prit longuement la parole,

puis un hommage fut rendu à deux de nos poètes disparus. Suivirent, les paroles de l'élu à la culture et d'une conseillère régionale
L'après-midi, l'hommage à Jean Ferrat rendu par le poète et musicien Pierre Meige attira beaucoup de monde, suivirent nombreuses, des interventions poétiques en plein air car le beau temps était au rendez-vous.
L'invité d'honneur, Luis del Rio lisant un poème
à 17h les prix et diplômes, ont été remis aux lauréats du concours de poésie pour adultes ; aucun adolescent n'ayant participé. Deux de nos adhérents furent primés : Annie Loyau, premier prix en poésie néo-classique pour son poème :
Idylle et voyage d'une lentille
Une lentille du Puy avait ouï dire par un pois chiche
Qu'il existait dans le Berry une lentille rose et très riche.
Du Puy partaient des pélerins qu'enviaient les légumes en terre,
Choux, fèves et pois pour tout festin : C'était au temps de
leurs grand-pères !
Partout, du Puy à Compostelle, poussent poivrons et aubergines,
Melons et courges en ribambelles reniant les légumes d'origine.
La lentille, à contresens, se mit à rouler vers la plaine,
Ne craignant plus la concurrence, elle caracolait, hors d'haleine.
Bien désherbés dans les jardins s'alignaient poireaux et salades.
Elle pensa à Monsieur Seguin, à l'herbe du pré qui était fade.
Elle s'enivra, comme Blanquette, de liberté et de saveurs :
Oseille sauvage et ciboulette rencontraient toutes ses faveurs.
Une ortie se fit caresante : les graines voyagent et sont conteuses,
Le grain de folie chez les plantes, c'est elles qui en sont porteuses;
Verte, rose ou blonde lentille, tu as peut-être fait chou blanc,
Le voyage était ton Idylle, l'Idylle n'était qu'un faux semblant
et Claudette Louchart troisième prix en poésie classique pour son poème :
Va t'habiller !
Cette dame m'a dit, sincère et convaincue :
"Sortir sans maquillage, c'est sortir toute nue !
Telle que je le suis, brumeuse au saut du lit,
Que je n'ai pas encore ravalé mon crépi"
Or, pour tout vêtement, n'avoir qu'un maquillage,
ça vous colle à la peau un plantureux plâtrage !
Et le baton de rouge, à tout venant jaillit,
Escorte les contours d'une bouche qui fuit.
Si la pommette est pâle, que l'oeil éteint est terne,
Le cheveu en bataille avec la lippe en berne,
L'arc-en-ciel plante son décor en trompe l'oeil
Et drape les matins déshabillés, en deuil.
Allonge un cil de soie qui s'ébroue comme une aile !
Pose-toi : ö miroir ! dis-moi que tant de zèle
Flatte un profil moulé directement chez Dior
Et donne tout son lustre au tissu de mon corps !
Vous aurez beau user, abuser d'artifices
Pour effacer les ans qui, dans la chair sévissent,
Chassez le naturel, il revient au galop :
Cet adage n'a pas une ride au garrot.
Bravo à toutes deux !
Quant à l'atelier poésie, elle fut fréquentée par très peu d'enfants ; mais à proximité, dans la maison des poèmes, l'exposition d'oeuvres des élèves d'écoles primaires de Vendôme, résultat d"animations poétiques faites par des adhérents du Cercle des poètes Retrouvés en Vendômois lors du Printemps des poètes, attira nombre d'adultes.
A 20h, un repas offert par le cercle se déroula dans une ambiance simple et détendue.
Dimanche matin des adhérents et poètes du cercle lurent leurs poèmes dans le parc Ronsard
L'après-midi, continuèrent les lectures tandis que de nombreux visiteurs affluaient dans le salon dont un poète haïtien Dominique Bastraville très connu sur France 5 et sur Arte, accompagné d'une cinéaste d'origine canadienne.
A 18h le salon ferma ses portes malgré quelques visiteurs retardataires;
Tous les exposants se quittèrent avec un petit pincement au coeur mais heureux de ce week-end littéraire qui, en partenariat avec Zinc de livres mit en valeur la poésie, la nouvelle et le roman dans Vendôme.