Ta vie était riche et prospère
Jamais tu n'as connu la galère,
En bonne société tu vivais
Tout dans ta vie te souriait.
Puis d'un coup tout s'est écroulé
Ton univers a basculé.
Ton usine a fermé ses portes,
La zone industrielle est morte.
La chute fut vertigineuse,
Sur cette pente savonneuse
Tu glissais vers la déchéance
Accumulant toutes les malchances.
Plus de travail, plus de maison,
La grande mondialisation
T'a fait nouveau déraciné,
Paria de notre société.
Tes jours, tes nuits, sont vides et froids,
Il te faut quémander parfois
Afin de pouvoir te nourrir,
Chercher un endroit pour dormir.
Pour trouver les bouts de carton
Qui te serviront de maison
La précarité t'a tout pris,
Il ne te reste que la vie.
André Lassagne