Dans les rues du vieux Mans, je traîne mes fantômes
Poète dérivant, ce soir, j'ai l'air d'un gnome
Gribouillant sur un banc la carte du bonheur
Mais ma seule boussole, hélas, c'est ma douleur !
A cette rose blanche, ô muse tu ressembles !
Et tes épines même ont un secret pouvoir...
Ta voix est un parfum et soudain mon coeur tremble,
Porté par ton sourire ainsi qu'un encensoir.
En alliances de poisons, je suis orfèvre :
Tabac cubain ou vin d'ici me tuent l'humeur;
Sous le portail ancien des petites horreurs,
de l'ombre surgissant, ils me tendent leurs lèvres.
Mon coeur est-t-il souillé par ce dont il s'affuble ?
Ma bure est-elle sale et souillée ma chasuble ?
Dans l'eau de tes yeux clairs, ma mie, suis-je soluble ?
La ville est grise et le ciel bave une pluie fine
Qui nappe lentement les parois de mon coeur
Ordinaire dérive entre ici et ailleurs
Je marche dans ma vie, égaré d'origine.
Patrice Cosnuau