Sorcière aux joues grandioses, unique Isis
Fille de Gloire et Gaia, enfanteuse d'idéal
Je prie ton Nom, aux myriades de louanges
Je prie ta Majesté, d'un ciel sans limite
d'absorber les divinités vertigineuses
de l'Enfer.
Je prie pour ta Maison imprégnée de fleurs
résonnant de chants d'oiseaux ininterrompus
quand l'aube subjugue la musique divine.
Je prie sans rompre ton secret ni régner
sur ton coeur à grands traits déployés
en moi-même.
Reviens ! Cité d'Egypte à l'écoute de mon âme
nourrir les peuples inépuisables de tant de pays,
les mémoires de nos pays aux déserts que parcourent
les Adoratrices de leurs voix franches et sonores :
Elles dansent le paradis intérieur du lieu
de ta naissance.
Je prie la Navigatrice aux yeux sombres
la Lorelei aux ailes déployées sur la double couronne,
à la chevelure noire, au serpent de fulgurances
dressé sur son front, lui qui appartient
à la croix ansée accueillant
le flux des corps.
Je prie ton Verbe fécondant les rives du Nil
ouvertes au son lunaire du sistre vert
de venir régner en sa parure de lin et d'or
sur les souffrances aux tristes richesses
des bannies de liesse !
O Femme de feu, réponds et sois avec moi !
reste au pays où pâlissent les visages des assoiffés
sous leur armure et sous leur masque,
affronte les vaisseaux hypocrites des hommes
raidis par l'assaut de l'ultime tentation,
la Vie.
Camille AUBAUDE - La Maison des Pages