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le printemps des poètes : L'enfance

L'enfant bonheur

 

Dans l'élan de ses petits pas

Le doigt pointé sur tout ce qui bouge

Le babillage en réponse au chant du coucou

Le nez au vent et le rire en cascade

J'ai pris aussi naturellement que lui

Une part de ce bonheur sans prix

 

Valia

 

 

Un coeur bat

 

Voici quelques secondes déjà que la lumière

Inonde ton corps nu écorché et le blesse,

Voici quelques secondes que l'eau fait place à l'air,

Une main te saisit, une autre te caresse,

Tout petit cosmonaute, tu arrives sur terre,

On coupe le cordon, on t'inaugure en liesse.

 

Un coeur bat

Dans la poitrine d'un nouveau-né,

Un coeur bat

dans son berceau, bien entouré,

Mais un cri

de sa nuit bleue s'élanc

Un cri nu déchire le silence

 

A l'école de la vie, on laisse bien des plumes,

Sur les genoux griffés, on verse quelques larmes,

La résine s'écoule puis elle se coagule,

Sur l'écorce on peut lire les cicatrices de l'arbre,

Riche de ses combats, la nuit au clair de lune,

Pierrot fourbit ses mots, d'autres fourbissent les armes.

 

Un coeur bat dans la poitrine d'un opprimé,

Un coeur bat

dans sa prison bien enfermée

Mais un cri

Dans sa nuit bleue s'élance,

Un cri nu déchire le silence.

 

La terre dans tes racines, les cheveux au grand vent,

L'arbre de liberté en toi se ramifie,

Il souffle un vent de haine, les mots ont le tranchant

des lames et le pouvoir sur la mort et la vie,

L'arbre debout et droit se couche en s'abattant,

De ses racines renaît, fragile, l'arbre de vie.

 

Un coeur bat

dans la poitrine d'un nouveau-né,

Un coeur bat

dans la poitrine d'un opprimé,

Mais un cri

dans le ciel bleu s'élance

Un cri vert déchire le silence

 

   Annie Loyau  (couleurs du temps)  

 

 

 

Odeur des pluies de mon enfance

Derniers soleils de la saison !

A sept ans comme il faisait bon,

Après d'ennuyeuses vacances,

Se retrouver dans sa maison !

 

La vieille classe de mon père,

Pleines de guêpes écrasées,

Sentant l'encre, le bois, la craie

Et ces merveilleuses poussières

Amassées par tout un été.

 

O temps charmant des brumes douces,

Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,

Le vent souffle sous le préau,

Mais je tiens entre paume et pouce

Une rouge pomme à couteau.

 

                        René-Guy Cadou

 

 

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