J'attendais l'autre soir, aux Bouffes-Parisiens, De pouvoir assister à la pièce d'Orphée Que Monsieur Offenbach, ce sacré musicien, Venait de composer pour encor triompher.
Je vous vis arriver et descendre d'un fiacre En posant sur le sol un petit escarpin, Dévoilant dans ce geste un bel éclat de nacre Lancé par la cheville à mon regard mutin.
Vous m'êtes apparue dans toute la beauté Que reçut votre corps de fées généreuses Et j'avoue que mes yeux, en toute vérité, N'avaient pu contempler des courbes si charmeuses.
J'ai su bien deviner à travers la voilette Le velours pervenche de ce regard si doux, Un petit nez tout rond aux très fines ailettes Et deux piments carmins, jolis fruits de Padoue.
Un long châle ouvragé couvrait vos deux épaules En cachant à ma vue votre bustier tendu Devant emprisonner dans cette douce geole Deux innocents auxquels liberté était due.
En passant près de moi je perçus la senteur D'un subtil et sucré parfum venu d'Orient Qui ne cesse depuis de m'embaumer le coeur En me créant des nuits aux rêves luxuriants.
J'étais venu pour voir la pièce d'Offenbach Mais grâce à vous j'ai pu, par votre port de reine, Assister de la sorte et sans faire un fric-frac, Aux spectacles d'Orphée et de la Belle Hélène.
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J'aime beaucoup ce poème qui nous invite à une soirée parisienne et à un rendez-vous amoureux, aiguisant les sens. Sans autre commentaire, qui alourdirait ce poème léger et profond tout à la fois.<br />
Annie Loyau<br />
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