Le roi a été abattu : il pénètre, pied en avant, dans la maison, escorté par la famille, soutenu par des hommes qui le portent avec précaution, desserrent ses liens, étalent sa parure.
Emu, il pleure des larmes de résine : Mon beau sapin, Roi des forêts !.
Des chants de Noël en fond sonore sont repris à l'unisson avant les douze coups de minuit. Silence suivi d'une débauche de papiers froissés, du craquement des pétards, des papillottes et d'exclamations de joie.
Le père Noël est passé !
Joyeux Noël !
Et l'on s'embrasse, on se touche, coeur contre coeur. L'émotion fait vibrer les voix, un frisson parcourt
les bras dénudés. Estivales et soyeuses, les tenues pailletées d'argent font oublier les rigueurs extérieures de l'hiver.
Noël : La fête des sens ? Et le sens de la fête dans tout ça ? Certes elle est familiale : ils sont venus, ils sont tous là !
Mais où sont-ils, tous les sans : les sans-familles, les sans-travail, les sans-abris, les sans-papiers ?
Dans une grande salle de la ville, ils décorent, cuisinent, emballent les cadeaux, aidés par des bénévoles
qu'ils connaissent bien et qui se réjouissent de fêter Noël avec eux.
Pour une soirée, ils vont oublier les difficultés du quotidien, rire, chanter et danser ! Païens ou croyants,
être ensemble pour fêter la fête du partage, n'est-ce pas là le sens de la fête et le véritable message de Noël ?
Annie LOYAU "couleurs du temps"