Quel est donc ce géant au cou démeusuré,
Cette calme girafe égarée dans la ville
Qui se redresse après s'être désaltérée
Dans l'eau qui coule à ses pieds impassible ?
Impossible qu'elle reste à rêver, immobile,
Ses quatre pieds sur terre, la tête dans les nuages,
Lorsque la ville est prise de fièvre automobile
Et qu'alentour fourmille une foule de passage !
Passagère du temps, de l'espace et du rêve,
Est-ce ainsi qu'il t'a vue, Gustave, en te créant ?
Paris dort à tes pieds, mais tu veilles sans trêve;
Les noctambules sont, souvent, de drôles de gens !
Annie Loyau
( réponse : la Tour Eiffel)