EXCUSE-MOI !... SI JE VIS ENCORE !
Pauvre hère, rabougri, vêtu de guenilles,
Tu rases les murs
Effrayé par ton ombre.
Tu subsistes dans cette ville
Où aucun murmure
N'écorche la pénombre
De la cité immature,
.Où les gens se recroquevillent.
.Tu es transi de peur,
Toute ta vie, tu as payé de ta sueur.
Tu bouscules d'un souffle une belle !
Tu t'excuses...
Tu renverses une poubelle!
Tu t'excuses...
Pourquoi?
Dans ce tumulte,
Un passant te dévisage!
Tu fuis en silence...
Une rombière t'insulte
Tu répètes ses mots en silence...
Pourquoi?
Homme ! redresse-toi !
Offre fièrement ton visage!
Eclaire ta misère ! Souris !
Homme ! Montre-toi !
Laisse éclater ta rage !
Allume ton regard ! rebondis !
Tu as cru aux discours
Des politiciens,
Tu es devenu sourd
Aux appels de ces chiens.
Aujourd'hui, tu es seul,
Tu tends la main, en vain.
Tu te drapes dans un linceul
Pour fuir demain.
Le futur de ta vie se dissout
Dans la mare de tes larmes.
Alors tu te résouds
A te noyer dans le marasme,
Victime de ta faiblesse,
Victime du coup de grisou
Fulgurant qui blesse ta dignité,
Ta personnalité.
Tu méprises le chien tenu en laisse
Qui te nargue en habit de noblesse !
Que tu sois gagne-misère
Sans domicile fixe, vagabond,
Loin d'être moribond,
Tu tueras cette misère
Pour retrouver ton identité,
Ta postérité:
Celle d'un homme fier
D'être sorti de la galère.
Patrick EDGARD (Tisserand de vers libres)
Du même auteur :
Parution d'un recueil de conte pour enfants, adultes et autres êtres vivants prévue pour décembre 2009
LE ROYAUME LIBERTAIRE DE CHAMPALU